Sport féminin : pourquoi les adolescentes décrochent-elles massivement ?
Près d'une adolescente sur deux abandonne le sport par contrainte. Alors que la Journée internationale du sport féminin, célébrée le 24 janvier, vient de rappeler l'importance de promouvoir l'accès des femmes au sport, ce chiffre alarmant ressort d'une étude inédite menée par Kantar Media et MGEN.Dans cette étude, nous mettons en lumière les mécanismes du décrochage sportif chez les jeunes filles. Entre la non prise en compte des spécificités du corps féminin, les pressions esthétiques et les obstacles structurels, la pratique sportive des adolescentes se heurte à de multiples freins. Pourtant, le sport représente un enjeu majeur de santé publique, d'égalité et d'émancipation. Décryptage d'une problématique qui appelle à repenser l'accès et l'accompagnement des femmes dans le sport.
Les femmes et le sport : un écart d'intérêt persistant
Si le sport suscite l'intérêt de 67,2% des Français de 15 ans et plus, les disparités entre hommes et femmes restent marquées. Les données Kantar Media révèlent que 78 % des hommes se déclarent intéressés par le sport, contre seulement 57,6% des femmes.
Cette différence se reflète également dans les disciplines prisées. Si le football domine largement le classement général (42,1%), il attire davantage les hommes (55,0% contre 30,5% chez les femmes). Le top 3 féminin se compose du football, du tennis (21,6%) et de la natation (15,7%), révélant des préférences légèrement différentes de celles du public masculin, où le rugby occupe la troisième place (20%).
Ces écarts ne relèvent pas d'un désintérêt naturel, mais trouvent leurs racines dès l'adolescence, période charnière où les jeunes filles décrochent massivement.
La puberté, premier point de rupture avec le sport féminin
Les changements physiques liés à la puberté constituent le premier obstacle majeur à la pratique sportive des adolescentes. L'étude Kantar Media x MGEN révèle que 63 % des jeunes filles estiment que ces transformations rendent le sport moins agréable.
Les règles représentent un frein concret pour 55 % des adolescentes. Fatigue, douleurs, inconfort lié aux fluctuations hormonales : autant de réalités biologiques que 53 % des jeunes filles jugent insuffisamment prises en compte par leur encadrement sportif. Le manque de formation des coachs aux spécificités féminines transforme ainsi une phase naturelle du développement en obstacle à la pratique.
Des pressions sociales et esthétiques qui éloignent les jeunes filles du sport
Au-delà des aspects physiologiques, les adolescentes évoluent dans un environnement sportif marqué par des pressions multiples. Les chiffres sont éloquents : 42% déclarent avoir subi des comportements déplacés (moqueries, harcèlement, sexisme) et 55% ne se sentent pas toujours en sécurité lors de leur pratique.
Le regard porté sur leur corps constitue une source majeure d'anxiété. 61 % des jeunes filles se sentent jugées lorsqu'elles font du sport, tandis que 49% expriment un malaise face à certaines tenues imposées, jugées inconfortables ou sexualisées. « Le hand, c'est des mini shorts… Ils pourraient mettre un short plus long, ou le choix entre short et survêtement », explique une pratiquante.
Cette pression transforme le sport, censé être un espace d'épanouissement et de développement personnel, en source de stress et de perte de confiance en soi. Pour de nombreuses adolescentes, l'abandon devient alors la seule échappatoire.
Des freins structurels qui limitent l'accès au sport féminin
Au-delà des facteurs psychologiques et sociaux, l'accès même à la pratique sportive reste contraint par des obstacles concrets. L'étude met en évidence trois freins structurels majeurs :
- L'offre sportive féminine insuffisante : 33% des jeunes filles déclarent ne pas avoir de clubs féminins à proximité de leur domicile, les contraignant à des déplacements longs et complexes.
- Le coût de la pratique : 58% sont freinées par les dépenses liées au sport (inscriptions, équipements, déplacements), un obstacle particulièrement discriminant pour les familles aux revenus modestes.
- L'incompatibilité avec le rythme scolaire : 57% estiment que leur emploi du temps ne leur permet pas de pratiquer régulièrement. « J'ai mon bac en juin, les cours finissaient à 18h et les entraînements commençaient à 19h. J'étais fatiguée, pas le temps pour les devoirs », raconte une lycéenne.
Ces contraintes révèlent une organisation peu flexible, avec des formats rigides fondés sur la performance à l'année, rendant l'entrée tardive ou la reprise après une interruption particulièrement intimidantes.
Sport féminin : un enjeu commercial et sociétal majeur
Le décrochage sportif des adolescentes représente bien plus qu'une simple statistique. Il constitue un enjeu de santé publique, d'égalité entre les sexes et d'émancipation féminine. Pour les marques, annonceurs et institutions sportives, comprendre ces mécanismes devient essentiel pour développer une offre adaptée et inclusive.
L'étude Kantar Media x MGEN démontre que le sport féminin ne souffre pas d'un manque d'intérêt intrinsèque, mais d'un environnement inadapté. Repenser l'encadrement, adapter les infrastructures, former les acteurs du sport et développer une communication respectueuse : autant de leviers pour reconquérir cette audience et favoriser une pratique durable.
Sources :
- Kantar Media Sport, données à décembre 2025
- Kantar Media Sport & Kantar Insights pour MGEN
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